Explorez notre Collection d'Art
Numériser le patrimoine pour mieux le connaître, le préserver et le partager
La Ville de Bernay, en partenariat avec l’association Les Amis de Bernay, s’est engagé dans une démarche de numérisation 3D de son patrimoine afin de constituer une mémoire numérique durable de ses monuments et de ses collections. Cette technologie permet de produire des relevés d’une très grande précision, offrant un outil précieux pour l’étude scientifique, la conservation, la restauration et le suivi de l’état des édifices et des œuvres.
Au-delà de son intérêt patrimonial, la numérisation 3D ouvre également de nouvelles perspectives en matière de médiation culturelle. Elle permet de rendre le patrimoine plus accessible grâce à des restitutions virtuelles, des dispositifs interactifs et des contenus adaptés à tous les publics. Inscrite dans le cadre de la convention 2026-2036 du label Ville d’art et d’histoire, cette démarche contribue à renouveler le regard porté sur le patrimoine bernayen, en associant innovation numérique, diffusion des connaissances et valorisation d’un héritage commun.
Explorer les volumes des objets que l’on ne peut toucher
Au-delà des enjeux de conservation et de documentation scientifique, la numérisation 3D des œuvres du musée de Bernay renouvelle profondément l’approche du volume. Elle permet au public d’appréhender les objets dans leur globalité, en les observant sous tous les angles, en révélant leurs formes, leurs reliefs, leurs textures et les détails parfois imperceptibles derrière une vitrine. Cette technologie offre ainsi une expérience de découverte plus immersive, particulièrement adaptée aux sculptures, faïences et autres objets tridimensionnels qui, pour des raisons de conservation, ne peuvent être manipulés. Intégrée au projet scientifique du musée, elle constitue un outil de médiation innovant, favorisant une compréhension sensible des œuvres tout en conciliant accessibilité, préservation des collections et diffusion des connaissances.
Satyre enlaçant une nymphe avec un enfant, numérisé par Sébastien VAREA, membre des Amis de Bernay.
Satyre enlaçant une nymphe avec un enfant, XIXe siècle
Claude MICHEL, dit Clodion (Nancy, 1738 – Paris, 1814) (attribué à)
Terre cuite modelée
Inscription : « CLODION »
Legs Lobrot, 1887 – Inv. 887.2.117
Cette terre cuite représente un satyre enlacé à une nymphe, accompagnés d’un putto. Inspirée de la mythologie antique, la scène évoque l’univers bachique, peuplé de satyres, de bacchantes et de divinités liées au cortège de Bacchus. Le mouvement des corps, la grâce des figures et la richesse du modelé traduisent le goût du XVIIIᵉ siècle pour les compositions animées et les sujets empreints de fantaisie.
L’œuvre est traditionnellement attribuée à Claude Michel, dit Clodion, comme l’indique la signature qu’elle porte. Sculpteur majeur de la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle, Clodion est célèbre pour ses groupes en terre cuite inspirés de l’Antiquité, caractérisés par la souplesse du modelé, la vivacité des compositions et une grande liberté d’exécution. En l’absence d’éléments permettant de confirmer avec certitude qu’il s’agit d’un original autographe, cette sculpture est présentée avec prudence comme une œuvre attribuée à l’artiste. Entrée dans les collections du musée par le legs du collectionneur bernayen Eugène Lobrot en 1887, elle témoigne néanmoins de la diffusion et du succès durable de son répertoire.
Pêcheuse, numérisé par Sébastien VAREA, membre des Amis de Bernay
Pêcheuse, 1857
Victor Augustin FOURDRIN (Dieppe, 1824 – Rouen, 1886)
Terre cuite modelée
Inscription : « Fourdrin Dieppe 1857 »
Legs Lobrot, 1887 – Inv. 887.2.131.1
Cette sculpture représente une vieille pêcheuse assise, absorbée dans le raccommodage de son filet. Par la justesse de l’attitude et l’attention portée aux détails du visage, des mains et du vêtement, Victor Augustin Fourdrin livre une scène empreinte de réalisme et d’humanité. L’artiste s’attache à représenter le quotidien des populations littorales normandes, rendant hommage à un travail discret mais essentiel à l’économie de la pêche.
Originaire de Dieppe, Fourdrin puise une grande partie de son inspiration dans le monde maritime. Modelée en 1857, cette terre cuite témoigne de son intérêt pour les scènes de genre et les figures populaires, qu’il traite avec une grande sensibilité. Entrée dans les collections du musée grâce au legs du collectionneur bernayen Eugène Lobrot en 1887, l’œuvre illustre le goût du XIXᵉ siècle pour les représentations naturalistes des métiers et des traditions régionales.
Buste de Jacques Daviel, numérisé par Sébastien VAREA, membre des Amis de Bernay
Buste de Jacques Daviel, 1889
Moulage en plâtre
Don E. Vaucanu, 1891 – Inv. 891.1.1
Réalisé en 1889, ce buste représente Jacques Daviel (1693-1762), célèbre chirurgien et oculiste normand, né à La Barre-en-Ouche, près de Bernay. Il est considéré comme le père de la chirurgie moderne de la cataracte pour avoir mis au point, au milieu du XVIIIᵉ siècle, une technique d’extraction du cristallin qui marque une avancée majeure dans l’histoire de l’ophtalmologie.
Ce moulage en plâtre, entré dans les collections du musée grâce au don d’Emile Vaucanu en 1891, participe à la diffusion de la mémoire de cette grande figure scientifique normande. Fréquemment utilisé au XIXᵉ siècle, le moulage permet de reproduire et de diffuser les portraits sculptés de personnalités illustres, contribuant ainsi à leur célébration dans les institutions publiques et les musées.
La mémoire locale conservée en 3D
Les tombes et tombeaux constituent un patrimoine particulièrement fragile, soumis aux effets du temps, des intempéries, de l’érosion de la pierre et, parfois, aux dégradations liées à leur fréquentation. La numérisation 3D représente aujourd’hui un outil essentiel pour préserver la mémoire de ces monuments en enregistrant avec une très grande précision leurs formes, leurs décors sculptés, leurs inscriptions et leur état de conservation à un instant donné.
Si leur architecture demeure souvent sobre et discrète, ces tombes n’en constituent pas moins de précieux témoins de l’histoire de Bernay. Au-delà de leur dimension funéraire, elles racontent des parcours de vie, des liens familiaux et des destins locaux qui composent la mémoire collective bernayenne. La numérisation 3D permet ainsi de préserver non seulement des monuments, mais aussi les traces matérielles d’une histoire humaine, offrant un nouvel outil pour transmettre aux générations futures le souvenir de celles et ceux qui ont se sont inscrits dans l’histoire de Bernay.
Sépulture de la famille Neuville et d’Angèle Manson
Tués lors du bombardement de l’hôtel de la Croix-Blanche, le 26 juillet 1944.
Cimetière Sainte-Croix, à Bernay
Transcription :
Angèle MANSON, 24 ans
Bernard NEUVILLE, 32 ans
Bernadette NEUVILLE, 32 ans
Jacqueline NEUVILLE, 6 ans
Jean-Pierre NEUVILLE, 4 ans
VICTIMES DU BOMBARDEMENT
Durant la Seconde guerre mondiale, si Bernay n’a pas connu une destruction massive de son centre historique, la ville a néanmoins été touchée par une série de bombardements localisés. Le jour le plus sombre a été le mercredi 26 juillet 1944, date à laquelle plusieurs passages de l’aviation alliée frappent une dizaine de maisons. On dénombre au total, ce jour-là, 29 victimes.
La rue de la Charentonne est la plus touchée avec la destruction notamment de l’auberge de la Croix-Blanche où 15 personnes perdent la vie.
Concession n°1
Marie-Louise Gardier, décédée le 18 août 1856
Cimetière Sainte-Croix
Née à Strasbourg, elle demeurait rue Alexandre
À la fin du XVIIIᵉ siècle, les cimetières français sont encore généralement de petits espaces situés autour des églises, tandis que les familles les plus aisées peuvent être inhumées à l’intérieur des édifices religieux. Soucieux de lutter contre les problèmes d’insalubrité et de réorganiser les pratiques funéraires, le pouvoir royal puis révolutionnaire engage progressivement le déplacement des sépultures hors des lieux de culte. Cette évolution aboutit au décret du 23 prairial an XII (12 juin 1804), qui constitue le fondement de la législation funéraire française contemporaine.
Le décret de 1804 introduit également la possibilité d’accorder des concessions de terrain pour des sépultures familiales, destinées à accueillir caveaux, monuments et tombeaux. D’abord conçues comme exceptionnelles, les concessions se diffusent progressivement au cours du XIXᵉ siècle. L’ordonnance du 6 décembre 1843 reconnaît trois catégories : concessions perpétuelles, trentenaires et temporaires (quinzenaires). La concession devient ainsi un moyen de réserver durablement ou pour une durée déterminée un emplacement dans le cimetière et favorise l’apparition d’un nouveau paysage funéraire, marqué par les tombeaux familiaux et les monuments commémoratifs.
Autrefois implanté rue de la sous-préfecture en centre-ville, le cimetière Sainte-Croix a été aménagé sur les Monts en 1785. L’ordonnance du 6 décembre 1843 popularisant le système des concessions, Marie-Louise Gardier (à une date inconnue) fait l’acquisition de la concession n°1 du cimetière Sainte-Croix. Cela ne signifie cependant pas qu’elle fut la première enterrée dans ce cimetière.
Gabriel Vallée (1897-1943)
Victime du nazisme
Mort pour la France
Cimetière Sainte-Croix
Résistant bernayen, Gabriel Vallée s’engage dans le réseau CND-Castille sous le nom de code « Lys ». Né en 1897 à Pont-Audemer, Gabriel Vallée avait fondé une maison de confection à Bernay en 1931. Arrêté à Bernay le 11 novembre 1943, il est torturé puis incarcéré à Évreux, où il meurt deux jours plus tard, le 13 novembre.
Sa tombe conserve la mémoire de cet engagement à travers un remarquable jeu de symboles. La croix de Lorraine, emblème de la France libre puis symbole de la Résistance, rappelle son combat clandestin pour la Libération. À son sommet, un lys vient compléter la croix : il ne s’agit pas ici d’un simple motif décoratif, mais de la traduction sculptée de son nom de résistant. Lys était le nom sous lequel Gabriel Vallée agissait dans la clandestinité.
Sépulture de Marie Trépagny
Tués lors du bombardement de l’hôtel de la Croix-Blanche, le 26 juillet 1944.
Cimetière Sainte-Croix, à Bernay
Transcription :
A notre mère Marie TREPAGNY
Décédée tragiquement
Le 26 juillet 1944 à l’âge de 61 ans
A notre fils Pierre POLLIN
Enlevé de notre affection
Le 24 juillet 1944 à l’âge de 15 ans
Le 26 juillet 1944, Bernay est frappée par plusieurs bombardements alliés. Si le centre historique de la ville échappe à une destruction massive, certains secteurs sont durement touchés. La rue de la Charentonne est l’un des plus sinistrés : l’auberge de la Croix-Blanche, tenue par Marie Trépagny, est détruite et quinze personnes y perdent la vie. Pierre Pollin était son petit-fils.
Sépulture de Gaston Folloppe, résistant bernayen
Cimetière Sainte-Croix
Transcription :
En souvenir de Gaston FOLLOPPE
Fusillé par les nazis
Le 1er février 1944 à l’âge de 40 ans
Opticien et photographe installé au 53, rue d’Alençon à Bernay, Gaston Folloppe rejoint le réseau de renseignements Confrérie Notre-Dame (CND-Castille) sous le pseudonyme de « Gaumont ». Responsable du réseau pour la Normandie et chef du sous-réseau Horloge à Bernay, il transmet aux services de la France libre des renseignements sur les mouvements des troupes allemandes, les terrains d’aviation et les lieux susceptibles d’accueillir des parachutages. Arrêté par la Gestapo le 11 novembre 1943, il est condamné à mort par un tribunal militaire allemand à Évreux le 28 janvier 1944. Il est fusillé trois jours plus tard, le 1er février, à l’âge de 40 ans.
Inhumé au cimetière Sainte-Croix de Bernay après la Libération, sa tombe devient un lieu de mémoire. Son nom est également donné à une rue de la ville dès 1944. Reconnu « Mort pour la France » et décoré à titre posthume de la Médaille de la Résistance française, Gaston Folloppe incarne, à travers cette tombe, la mémoire de celles et ceux qui payèrent de leur vie leur engagement clandestin contre l’Occupation.
Abbatiale de Bernay
La 3D au service de l'histoire de l'abbatiale
Dans le cadre de son doctorat, Tanguy Béraud a réalisé la numérisation 3D de l’abbatiale, avec le soutien de la Ville de Bernay et de l’association Les Amis de Bernay. Cet outil lui a permis d’approfondir l’analyse de l’évolution architecturale de l’édifice. Aujourd’hui, cette modélisation est mise à la disposition du public afin de partager les résultats de ces recherches et de permettre à chacun de découvrir autrement ce monument fondateur de l’histoire de Bernay, offrant notamment une lecture inédite de ses volumes, de ses parements et de ses décors, situés en parties hautes, difficilement accessibles au regard.
Cette section présente également une sélection de modèles 3D d’objets issus d’anciennes campagnes de fouilles archéologiques, réalisés par Sébastien Varea en partenariat avec l’association Les Amis de Bernay. Ces numérisations complètent la compréhension du site en rapprochant le monument des vestiges qui témoignent de son histoire et de son évolution au fil des siècles.
VASE 1 by Sebastien VAREA on Sketchfab
VASE 2 by Sebastien VAREA on Sketchfab
Pavé vernissé avec décor
Ce pavé quadrangulaire en terre cuite rouge, vernissé brun-rouge et jaune, présente un décor de fleurs au milieu de rinceaux. Il est constitué de fragments recollés, trouvés lors d’une campagne de fouilles archéologiques réalisée sur le parvis ouest de l’abbatiale de Bernay.
Plusieurs campagnes archéologiques ont été menées dans l’abbatiale entre 1963 et 1987 permettant de mieux comprendre son évolution architecturale. De nombreux objets et de blocs de pierres, fragmentaires, ont été dégagés et constituent aujourd’hui un dépôt lapidaire conservés dans les réserves du musée ainsi que dans l’abbatiale.
Entre 1978 et 1981, l’association ARCHEO 27 et la MJC ont mené plusieurs chantiers de fouilles aux abords de l’abbatiale.
Vase funéraire, XIVe siècle
Matière : terre cuite blanche,
Datation : Moyen Âge – XIIIe-XIVe siècle
Dépôt de fouille / D983.1.1 – ARCHEO 27 – MJC
Cette oule, vase pansu dépourvu d’anse et de bec verseur, présente une panse globulaire, un bord en bandeau haut et un fond bombé. Entièrement conservée, elle porte des traces de glaçure verte sur le bandeau, ainsi que des coulées sur la panse.
La partie supérieure de la panse est percée de 27 perforations, réparties en trois rangées : sept sur la première, dix sur la deuxième et dix sur la troisième. Mesurant entre 6 mm et 1 cm de diamètre, ces ouvertures constituent un élément caractéristique de l’objet et sont à mettre en relation avec sa fonction funéraire.
Aucune trace de feu n’est visible à l’extérieur, tandis que l’intérieur de la moitié supérieure de la panse présente d’importantes traces de chauffe. Un enfumage au niveau du fond a vraisemblablement disparu lors du lavage de la céramique. Le contenu découvert avec le vase a été conservé séparément.
Mis au jour le 18 avril 1980 lors des fouilles du parvis ouest de l’abbatiale de Bernay, ce vase témoigne des pratiques funéraires médiévales associées à l’environnement de l’édifice religieux.
Vase funéraire, XIVe siècle
Matière : terre cuite blanche
Datation : Moyen Âge – Courant XIVe siècle
Dépôt de fouille / D983.1.2 – ARCHEO 27 – MJC
Ce vase funéraire en céramique, de type « coquemar » (pot à col court, avec anse mais sans bec verseur), présente une pâte micacée beige rosé, contenant de nombreuses inclusions d’oxyde de fer visibles à la surface. Sa forme se caractérise par une lèvre en crochet, une anse plate asymétrique et un haut de panse souligné de cannelures. Des traces de vernis vert sont encore visibles par endroits.
Trois perforations sont aménagées au niveau de l’extrémité de la panse : deux, d’environ 6 mm de diamètre, ont été réalisées au poinçon puis lissées, tandis que la troisième forme une fine ouverture allongée.
L’intérieur du vase porte d’importantes traces de feu, tandis qu’aucune trace d’usage n’est visible sur la partie extérieure. Ces indices témoignent des pratiques associées à son usage funéraire et permettent de restituer, au-delà de sa fonction de récipient, les gestes et les pratiques rituelles auxquels il a pu être associé.
L’objet a été découvert lors des fouilles archéologiques menées sur le parvis ouest de l’abbatiale de Bernay entre 1978 et 1981. Il constitue un témoignage des pratiques funéraires de la fin du Moyen Âge, liées à l’environnement de l’abbatiale.
Informations pratiques
- rue Gambetta, 27 300 Bernay
- 02 32 46 63 23
- musee@bernay27.fr
- Présence d'une boucle magnétique
- Arrêt de bus : "Abbaye"
- Parking à proximité : place de la République
Jours et horaires d’ouverture :
Du 4 avril 2026 > fin septembre 2026
Du mardi au dimanche de 14h à 18h